Quête de Paladin

Un aperçu

 

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Les Éditions furtives

troisième trimestre 2009
22 cm., 174 p.

ISBN : 978-2-9810043-4-5
 

28,95 $

Taxes et transport inclus

 

Danielle Boudrias est une jeune écrivaine de 29 ans issue d’une famille de sept enfant. Elle a grandi dans un petit village qui lui a permis de mettre son imagination à profit. Toute petite, elle s’inventait toutes sortes d’univers où elle entraînait déjà les gens qui l’entouraient. D’une simple forêt elle tirait des contrées inexplorées et d’une montagne anodine elle vous transportait aux confins du monde sur les plus hauts sommets où débutaient toutes sortes d’aventures merveilleuses. Tout en grandissant, elle a su conserver cette imagination débordante qui fait d’elle une excellente romancière. Son époux et ses cinq enfants sont comblés par ses récits et sa passion pour l’imaginaire. Elle est un témoignage de persévérance et nous rappelle de croire en nos convictions.

Marie-Anne Boudrias

 

Une jeune auteure dotée d’une imagination à la hauteur des meilleurs romanciers contemporains. Danielle nous entraîne dans une série d’aventures fantastiques aux confins d’un monde imaginaire rempli de magie dans lequel elle nous convie à découvrir  le chemin de sa propre foi en Dieu. La chronique de Flamen nous  permet de parcourir ce monde fantastique avec elle et de suivre son héroïne jusqu’au bout d’un combat entre le bien et le mal. Cette saga fantastique ne peut que tenir le lecteur en haleine tout au long de ce récit allégorique qui exprime très bien les visions de cette jeune écrivaine très prometteuse. Une lecture à suivre dans le futur.

 


Prologue

 

 

Par définition, un soldat est un homme ou une femme qui sert dans une armée, en temps de paix ou en temps de guerre, comme mercenaire ou engagé, volontaire à la solde d'un prince ou d'un État ou, de nos jours, en vertu d'une obligation civique. Il est celui qui combat pour la défense ou le triomphe. Voltaire en avait bien exprimé le sens : « Par tous les dieux, dit le soldat, mon métier est de tuer et d'être tué pour gagner ma vie. »

 

La mort fait peur. La mort n'est pas la peur. On a peur quand on refuse de mourir. Personne ne sait quand sa fin viendra et c'est seulement confronté à cette réalité que l'on voit la mort en face. Le soldat perd sa vie afin de la gagner et celui qui ne s'engage pas perd sa vie sans avoir eu le temps de la gagner. Si la vie vous intéresse... Jusqu'où doit-on risquer ? Si je vais à la guerre et que je perds ma vie, elle me sera rendue pour l'éternité. Si je refuse de vivre et de me battre, ma vie me sera ôtée à l'infini.

 

Maintenant, voyez la chute et le triomphe, la mort et la vie. Fatiguée de son quotidien et découragée de sa vie sans but, la soldate s'est engagée dans un pays étranger afin de posséder la clef qui lui permettra enfin de rentrer au Royaume de son père.

 

 

J'ai été si longtemps loin de chez moi

Que j'ai oublié d'où je suis née

Je suis une soldate partie pour une guerre de cent ans

De la maison je m'ennuie souvent

Si je pouvais retourner à la maison

Là où mon papa m'attend avec une place à mon nom

Il me dit pourtant qu'il n'est pas venu encore le temps

Je dois accomplir le service jusqu'au bout

Et avoir la foi pour voir le jour

Où mes pieds franchiront le seuil du parvis éternel

Je veux que ce jour

Tu puisses regarder dans mes yeux

Et que tu voies que de mon long voyage

Je n'aie ramené pour souvenir que ta joie

Ta joie est ma force, ta joie est ma demeure

Dans ta maison, c'est là d'où je suis née

Ta joie est ma force, ta joie est mon espérance

Pour regarder dans tes yeux en toute confiance


 

 

Introduction

 

 

J'étais aveugle. Il est arrivé souvent, dans ma vie qui vient pourtant à peine de débuter, d'avoir ce que je cherche sous les yeux et de ne pas le voir. Je me rends compte qu'à chaque fois que je ne trouvais pas un objet quelconque c'est que je l'avais rangé, bien à sa place. Je crois que certains pourraient dire que je suis désordonnée ou ordonnée dans mon désordre. S'ils voyaient ma chambre, ils verraient que je suis plutôt ordonnée à l'excès. C'est simplement qu'il y a des choses qui n'ont jamais leur place. Je me sentais comme ces choses; peu importe l'endroit où je me trouvais j'avais l'impression que ce n'était pas chez moi et que si l’on devait me chercher, on n’aurait pas de difficulté à me repérer. Ma couleur n'était pas agencée au reste du monde. Pourtant, on m'a souvent dit que j'avais reçu un uniforme, une armure que plusieurs ont portée avant moi et même aujourd'hui d'autres la portent. J'ai interrogé les gens disant l'avoir reçue et je n'en ai retiré qu'une vaine confusion. Certains m'ont dit qu'ils en possédaient la vérité et d'autres m'ont dit qu'ils n'en avaient qu'une partie, « La meilleure partie ».

 

D'autres encore avaient fait quelques modifications dues aux temps modernes où nous vivons. Je n'avais pourtant pas trouvé la mienne et j'avoue que je n'étais pas très intéressée à en créer une nouvelle.

 

De toute façon, si c'était si important, on aurait pris soin de me la mettre bien en vue (peut-être était-elle rangée bien à sa place). Cette fois c'était différent; ce n'était pas moi qui l'avais rangée. Par où commencer ? Comment commencer ? Par qui commencer ?

 

* * *

 

En me réveillant ce matin-là, j'eus une inspiration. L'histoire m'a frappée, un homme historique m'a frappée. On dit de lui qu'il n'est qu'un homme, pourtant on a fait de lui le point central de l'histoire de l'humanité. Tout est daté selon sa naissance; il y a des guerres, des conflits, des divisions et des fêtes en son nom. Jésus-Christ serait mort sur une croix, le peuple ne l'a connu que trois ans. Il a été mis à mort et le plus incroyable c'est qu'il serait ressuscité le troisième jour. Sa vie publique n'a duré que trois ans et le monde l'a choisi comme point central. J'avais trouvé le point de départ de ma recherche. S’il était vraiment ressuscité, il devait bien être quelque part ! Peut-être était-il mort depuis tout ce temps ? Il est l'an zéro de l'histoire, il devait y avoir des écrits sur lui, quelqu'un qui en avait entendu parler, ou peut-être même des témoins.

 

Je me suis donc rendue dans une église chrétienne. J'ai posé le pied sur le parvis de béton gris et à cet instant je me suis demandé si je n'étais pas trop en avance. Il ne semblait pas y avoir beaucoup de monde. J'ai donc continué de m'attarder sur les détails du parvis; il semblait très poreux à la façon dont il absorbait les gouttes de pluie. Il buvait avec tant d'avidité que j'eus soudain envie d'un grand verre d'eau fraîche. J'ai ensuite posé la main gauche sur une rampe en bois naturel qui, à mon avis, venait d'être installée; il y avait de la sciure poudreuse et trempée dans le gravier au bas du parvis. Devant moi, il y avait un petit terrain vague où poussait librement hautes herbes et petites fleurs sauvages blanches et jaunes. Un peu plus à droite, un autre petit terrain contrastait avec le premier. Celui-là avait été tondu bien ras et n'avait aucune fleur. Je ne pouvais pas dire lequel était le plus beau (aussi ridicule que cela puisse paraître, cela me troublait). Je ne savais pas si je préférais la beauté brute d'un champ en fleurs au printemps ou celui qui avait été nettoyé des mauvaises herbes, rasé avec soin et orné d'un charmant petit banc de parc en fer forgé (il me rappelait ceux que j'avais vus dans les films où l'on voit des jardins anglais). Faisant glisser mon regard, je posai les yeux sur le sous-bois qui bordait le carré quasi parfait de la parcelle du terrain entretenu (c'est fou comme la couleur des feuilles et de tout ce qui pousse au printemps est éclatante).

 

C'est la musique venant de l'intérieur qui me sortit de mes pensés. Je rentrai, les cheveux maintenant tous frisottés par l'humidité, me répétant constamment la même question : « Suis-je au bon endroit ? » Il y avait une centaine de chaises disposées en cinq rangés de façon à ce qu'il y ait une allée centrale. Je décidai donc, comme la réunion avait l'air de commencer, de m'asseoir discrètement dans la troisième rangée à gauche, mais j'eus tôt fait de remarquer que je ne pouvais passer inaperçue, puisque nous n'étions en tout qu'une vingtaine et que tous semblaient se connaître. Faisant mine de ne rien avoir remarqué de leurs regards interrogateurs, je fixai le mur droit devant moi où je fus frappée par une nouvelle question. Sur une banderole, en grosses lettres noires, était écrit : « SI PAS MOI, QUI ? SI PAS MAINTENANT, QUAND ? SI PAS ICI, OÙ ? » Il fallait que ce soit moi, aujourd'hui, qui trouve les réponses et ce serait à cet endroit ou je ne trouverais jamais cet uniforme (trop bien rangé à mon avis).

 

Ce qui m'agaçait le plus sur le moment, c'était le sourire de ces gens. Ils semblaient savoir quelque chose que j'ignorais. Les gens ne sourient pas tant par une journée aussi grisâtre !?! Pourquoi l'idée d'une soirée passée à l'intérieur d'un décor aussi terne les fait autant chanter ? En regardant autour de moi, je pouvais constater que cette église avait dû être décorée avec goût, pour la dernière fois, il y avait sûrement au moins vingt ans. Les murs étaient en préfini avec plusieurs nuances de bruns surmontés de bordures « espresso », complétés par un tapis « café au lait » et des stores horizontaux beiges « crème pâtissière ». Je crois que ça aurait été la sobriété même si les chaises de métal chromé n'avaient été recouvertes avec cette « cuirette » orange brûlée. J'ai alors pensé que si mon armure s'y trouvait, elle était probablement taillée dans une housse de protection pour barbecue brune « bois tropicaux » ornée de rivets « vert pomme » et « rose bonbon ». Je me fis alors violence pour me concentrer sur ce qui se passait à cette réunion. Peu importe de quoi aurait l'air cet uniforme, il me fallait le trouver, même si je ne savais pas encore ce que j'allais en faire.

 

Aussitôt détaché de mes pensées, je fis face à une main d'homme. Surprise de constater que j'avais manqué toute la réunion à rêvasser, je lui tendis la main à mon tour. C'était un homme dans la fin trentaine, avec un sourire mature et sage que cachait légèrement une moustache noire assez dense. Il avait un léger surplus de poids par dessus une bonne musculature, ce qui lui donnait un air fort, protecteur et doux tout à la fois. Si j'avais eu à choisir un père simplement par apparence, je l'aurais probablement choisi. Je souris en remarquant que son teint basané, probablement d'origine marocaine, s'agençait parfaitement avec toutes les nuances de bruns du décor. Sa chemise bordeaux venait même chercher une harmonie avec la chaise de couleur criarde sur laquelle sa main droite s'était posée. Malgré son large sourire et son attitude accueillante, je pensais avoir vu une légère ombre de tristesse dans ses yeux noirs (ou était-ce le reflet de la mienne ?).

 

 Il me dit alors son nom et je lui dis le mien en oubliant aussitôt le sien (c'est ce que je fais tout le temps). Ma première question fut directe :

 

 

 Avez-vous déjà rencontré Jésus-Christ ? On ma dit qu'il est mort...

 

Il me répondit du tac au tac avec un sourire tendre.

 

Oui, et il est également ressuscité, bien sûr que je l'ai rencontré !

 

Je crus alors que mon cœur allait s'arrêter de battre. Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais la certitude que cet homme disait vrai et s’il disait vrai j'avais non seulement trouvé un témoin, mais je pouvais maintenant trouver celui que je croyais mort. Sans attendre que mon cœur se remette en marche, je fus plus insistante.

 

Le voyez-vous souvent ?

Oui, tous les jours et...

Où puis-je le trouver ?

Tu ne peux pas le rencontrer en chair et en os, mais sa présence manifeste était là il y a quelques instants.

 

J'avais entendu ces mots dans sensiblement toutes les formes et figures de style possibles. J'avais à chaque fois l'impression que c'était une façon de me dire qu'il était introuvable. Je savais maintenant ce qu'il tentait de me dire, ou plutôt je pensais le savoir.

 

C'est encore un truc spirituel, c'est ça ?

Spirituel ça l'est, mais tangible aussi. Tu peux me tutoyer si tu veux.

Alors, la prochaine fois que tu verras Jésus-Christ, peux-tu lui dire que je le cherche et que je dois trouver quelque chose...

 

À cet instant je regrettai un peu ce sarcasme et je lui fis un sourire pour lui faire comprendre que ma question était vraiment sincère malgré le ton employé.

 

Je lui dirai. Tu pourrais venir demain nous avons une étude biblique...

Je viendrai peut-être...

 

Je me disais : « sûrement pas », mais mes propres paroles résonnaient dans ma tête : « Je viendrai peut-être... »

 

* * *

 

C'était insensé ! J'avais l'impression de revivre la veille, sauf que cette fois nous n'étions que douze. J'y avais pensé toute la journée. Je me suis toujours sentie comme si je ne venais pas d'ici et malgré la décoration de goût moyen, je me sentais un peu chez moi dans cette église. Disons que j'étais rentré dans l'ambassade et qu'enfin je me sentais en sécurité. Je n'étais pas encore tout à fait chez moi, mais je savais au fond de moi que j'avais trouvé un moyen de rentrer à la maison. C'était invraisemblable, je n'avais aucune preuve tangible ni palpable, je n'en aurais peut-être jamais, pourtant ce que l'homme m'avait dit je l'avais cru sans hésitation et je ne le connaissais même pas. J'ai pensé que même si je suis loin d'être naïve, je ne pouvais plus passer ma vie en me méfiant de tout et de tout le monde. Que serait ma vie si, à chaque fois que je mange, chaque bouchée me terrifiait ? Ou si en m'asseyant sur une chaise j'avais, à chaque fois, peur qu'elle cède sous mon poids. Je dus maintenant croire et accepter de voir ce que jusqu'à présent je n'avais pas voulu voir : le monde spirituel.

 

Je trouvais intéressant de toujours commencer par quelques chants (que tout le monde connaissait par cœur). Nous étions douze, mais en écoutant bien, il me semblait distinguer une centaine de voix qui entonnaient ce chant qui avait pour seules paroles : « La joie du Seigneur est ma force ». Il n'y avait aucun doute, nous étions plus de douze.

 

Je dois dire que depuis ma naissance, j'ai fréquenté des églises et parcouru ma province, j'ai entendu parler de Jésus, je me suis même dit « chrétienne ». Après être entrée dans cet endroit avec un regard neuf, venu de je ne sais où, j'avais l'impression de venir du dehors, de n'avoir jamais rien compris. Je me suis sentie aveugle et nue. Cette fois je ne refuserais pas d'apprendre des autres et Jésus-Christ pourrait m'expliquer ce que je faisais là. Chacun avait avec lui sa Bible. La Bible que tenait la jeune femme aux longs cheveux auburn assise devant moi était recouverte d'un cuir rouge très abîmé par le temps et à la façon dont son pouce droit caressait constamment le coin supérieur, je crus deviner l'importance qu'elle attachait à ce vieux livre; quelqu'un de très important pour elle avait dû le lui offrir. L'homme avec qui j'avais parlé la veille avait un livre plus imposant recouvert d'un tissu synthétique noir à fermeture éclair sur lequel était brodée en doré une étoile de David. Malgré la sangle prévue à cet effet il la tenait fermement entre ses deux mains avec assurance et autorité. Il monta vers le lutrin de chêne taillé en forme de croix et à ce moment précis, deux choses me mirent mal à l'aise : cet homme était le pasteur de cette église. Je pensais vraiment lui avoir manqué de respect et il m’avait mentionné que c'était une étude biblique, pourtant l'idée d'emporter une Bible n'avait pas pu se tailler une place dans mes pensées. La jeune femme devant moi remarqua mon malaise et avec un sourire qui laissait presque apparaître une étoile au coin de sa pommette gauche elle me proposa de suivre avec elle dans son livre si précieux.

 

L'étude portait sur la joie en toute circonstance. Je me demandais vraiment pourquoi ces personnes avaient besoin d'étudier ce sujet. Elles semblaient tous comblées et certaines affichaient même un sourire béat. Avant de nous plonger dans l'étude, le pasteur fit une seule annonce, qui me mit encore plus dans le mystère. Il annonça que, suite à la récente division, il avait reçu la liste officielle de démissions; dix familles et six autres membres avaient décidé de ne plus revenir. Mais ce qui lui arracha un sanglot fut lorsqu'il déclara que le pasteur assistant et sa femme étaient aussi du lot. Reprenant un sourire confiant, il répondit à toutes mes questions en une seule révélation : « La terre n'est pas notre demeure, nous sommes ici pour un temps, comme en voyage, et si nous rencontrons des déceptions, des difficultés et des épreuves qui semblent insurmontables, nous devons avoir la certitude que Jésus-Christ est parti nous préparer une place dans le Royaume de son père et qu'il reviendra nous chercher pour vivre avec lui éternellement. En l'attendant, nous avons son Esprit, le Consolateur est avec nous. »

 

En scrutant les écritures avec mes nouveaux compagnons d'armes, Dieu m'ouvrit les yeux sur la guerre éphémère et la paix éternelle. Quand cette étude intense et chargée d'émotions nouvelles pour moi fut terminée, tous se dirigèrent vers une petite table à café de métal noir aspergé de gouttes de peintures blanches que recouvrait un tissu rose pâle et gris sur lequel avait été déposées quelques tasses peintes à la main et une boîte de biscuits aux brisures de chocolat.

 

Je les suivis donc pour apprendre à les connaître et aussi me présenter à eux. C'est alors que la jeune femme me regarda avec cette fois les yeux baignés de larmes. Elle me tendit sa Bible et me contraignit à la tenir près de mon cœur. Elle me dit avec une voix à peine audible et mêlée de larmes : « Je te la donne, elle est à toi maintenant. » Je n'eus pas le temps de réaliser ce qu'elle venait de me dire qu'elle tournait les talons et se dirigeait vers le pasteur, qui la prit dans ses bras. Elle pleurait maintenant sans retenue. Je la rejoignis et attendis qu'elle se ressaisisse, ce qui prit un bon moment. Quand elle se tourna enfin vers moi, elle avait des milliers de petites particules dorées sur le visage et son sourire avait fait réapparaître l'étoile au coin de sa joue.

 

Elle me dit : « Je suis désolée, je ne pensais pas que j'allais pleurer. Ce livre que tu tiens est celui qui m'a permis de découvrir la vérité de la foi. Un jour, alors que j'allais bientôt avoir seize ans, ma sœur a annoncé à toute la famille qu'elle et son mari partaient pour l’Afrique en mission, pour un temps indéterminé. » Elle eut de nouveau un sanglot et reprit : « Elle insista pour que je garde sa Bible. En me confiant ce livre, elle me fit un cadeau beaucoup plus grand. Le don de la foi. » Elle essuya une larme et me fixa droit dans les yeux. « Aujourd'hui Dieu ma dit que je devais te la donner parce que tu étais perdue et que tu voulais rentrer à la maison. Garde-la. »

 

Comment avait-elle su ? Il était facile de voir que je n'avais pas de Bible, mais la raison précise... C'est avec confiance que, prenant l'amure que j'avais toujours eue à portée de la main, je partis pour une formation éprouvante. J'allais connaître Jésus-Christ. J'avais un but : rentrer à la maison. Je ne savais pas encore où c'était, mais j'étais venue dans une ambassade et j'allais rencontrer celui qui connaissait le chemin : le Consolateur.

 

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